Un beau ténébreux Julien Gracq
Julien Gracq, Un beau ténébreux,
Corti, 1945.
Un beau ténébreux est un roman des astres et de la catastrophe, c’est-à-dire du destin sur fond de vacances et de dérive du temps ; vacuité des personnages
attente, dans un théâtre vide. L’arrivée d’Allan va déclencher un maelström où tous les personnages vont perdre la tête. A

llan est venu sceller le destin. Tout dorénavant se déplacera par rapport à lui. (Revue 303)
Comme Au château d’Argol, le second livre de Gracq sera l’histoire d’une fascination, comme lui et de façon plus insistante encore il sera marqué du sceau des affinités électives. L’identité sociale et psychologique des personnages s’efface devant la réalité de leur désir et de leur tentation. Mais depuis Argol la mise en scène de leur drame s’est singulièrement enrichie et compliquée. La théâtralité de l’action s’accentue, le nombre des acteurs s’accroît, les rôles se diversifient. [...] Au discours de la passion viennent s’entrelacer le discours du doute et celui de la contestation.
Bernhild Boie.
Un beau ténébreux se détache avec le sombre éclat et la rareté d’un diamant noir sur le fond, cependant très varié, de la littérature romanesque contemporaine. Il y fait apercevoir des perspectives, des possibilités curieuses de rajeunissement et d’intérêt.
Edmond Jaloux, Psyché, Juillet-août 1947.