La vie aime un peu
Il est plus compliqué d'écrire sur le deuil que sur l'amour. Dans Plonger, le premier opus, le romancier nous avait pourtant fait mesurer l'ampleur qu'allait représenter pour César, son double de papier, la perte de l'être aimé : Paz, une artiste solaire disparue en plongée. Deux ans plus tard, César songe au suicide, malgré leur fils de 6 ans, mais son naufrage existentiel, évoqué plus maladroitement, peine à émouvoir. Même l'apparition inopinée de Nana, voisine férue comme lui de littérature antique, tarde à faire décoller le roman. Tout l'intérêt de celui-ci réside néanmoins dans son rapport étroit à la mythologie grecque. Car, au fil de pages baignées par les eaux bleues de la Méditerranée, l'énigmatique Nana se révèle sirène : d'un côté, charnelle et dangereuse, de l'autre, source de connaissance, y compris celle de l'avenir, elle redonnera à César le goût de la vie. Même si la fin est tirée par les cheveux, on continue de croire au merveilleux de l'auteur, qui appelle le monde moderne à se régénérer à l'humanisme des Anciens.