VIilla triste. Patrick Modiano

Quand ils passaient la nuit à la Villa triste, Yvonne et Victor s'efforçaient de ne pas remuer du tout. Mais on sent bien que la sérénité n'était qu'un leurre. Des années après, le narrateur retourne dans la ville d'eaux et invoque, par intermittence, le souvenir nostalgique et lucide de sa relation avec Yvonne, des gens qui gravitaient autour d'eux, des extravagances de Meinthe, fantôme qui nous guide dans les rues aujourd'hui endormies... Mais ce qui ressurgit avant tout, c'est l'angoisse inexplicable de Victor, qu'il avait espéré apaiser en séjournant dans cette station thermale reculée, à proximité de la Suisse. Modiano s'appuie sur une langue fluide parsemée de petites formules moqueuses pour donner un tour grave et, malgré tout, léger à son roman. Grâce à cet équilibre habile, il esquisse les contours d'un homme en quête de repères pour supporter sa mémoire, tout comme il était, jeune, en quête d'immobilité et
de racines. Et si les estivants de l'époque, ridicules et artificiels, ne sont pas tout à fait détestables, peut-être est-ce parce que le mystère qui plane donne un caractère intangible à cet été lointain. --Sana Tang-Léopold Wauters
L'auteur
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