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11 fleurs

En version originale, 11 Fleurs s'intitule « J'ai 11 ans ». Le réalisateur n'en fait pas mystère : le héros de son... onzième film ressemble beaucoup à l'enfant qu'il fut. Nous sommes en 1975, quelques mois avant la mort de Mao. Wang Han grandit dans une ville industrielle de montagne avec sa mère, ouvrière, et son père, comédien. Entre les leçons patriotiques à l'école et les quatre cents coups avec les copains, la vie s'écoule sans trop de heurts. Jusqu'à ce qu'un jeune homme tue un responsable local du Parti. Sans le vouloir, le gamin porte secours à l'assassin en cavale... L'intrigue criminelle n'est qu'un prétexte, même si la confrontation, dans la forêt, entre le môme et le fuyard terrorisé est un grand moment. C'est l'enfance, juste avant le grand chambardement de l'adolescence, qui intéresse le réalisateur. Il excelle à filmer sa fascination et son incompréhension pour le monde des adultes, les jeux cruels des écoliers, l'âge des premiers émois. C'est aussi à travers le regard du petit garçon que l'on devine les dernières convulsions de la Révolution culturelle, commentée par les adultes dans des dialogues à double sens, censés ne pas éveiller les soupçons. L'enfant devient, alors, l'incarnation de tout un peuple chinois qui ne se contente plus de rester le spectateur d'une Histoire mise en scène par les dirigeants. Quand Wang Han décide de ne pas assister à l'exécution de condamnés à mort, il commet un acte de résistance. Minime, certes, mais porteur de grandes espérances... — Samuel Douhaire Telerama

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